room

je ne sais pas trop comment parler de ce livre que je viens de finir...

pourtant (même si parler de bouquins ne s'improvise pas et que je ne sais pas le faire) j'ai très envie de vous en parler car il m'a bouleversée à un point que je ne saurais décrire.

le pitch ! le pitch !

c'est l'histoire d'une jeune femme qui se fait enlever par un psychopathe et séquestrer pendant plusieurs années, aux cours desquelles elle finit par avoir un enfant, Jack.

l'histoire est racontée par le petit Jack. le livre s’ouvre sur son cinquième anniversaire.

gloups.

ça commence bien, je sais.

c’est sur ses conseils (précieux, en lecture comme en plein d’autres domaines) que je l’ai acheté. elle avait peur qu’un livre raconté par un enfant, avec des mots d’enfant (donc) soit relou ou, en tout cas casse-gueule, et puis elle a dit que non. pas du tout. elle avait raison.

que vous dire ?

qu’en un mot, ce livre est haletant. que c’est l’histoire d’un amour fou, d’un amour exclusif d’une mère pour son fils et d’un fils pour sa mère. d’un garçon qui, ayant toujours vécu (chaque instant, chaque seconde) avec sa mère, pense qu’eux deux ne forment qu’un, qui ignore que ce qu’il voit à la télé (oui, car ils ont la télé – c’est à peu près tout ce qu’ils ont d’ailleurs – et ils regardent notamment dora l’exploratrice ; ce livre m’a quelque peu réconciliée avec le dessin animé, je sais, c’est bête) est le monde réel, un monde immense, sans limites, qu’il existe d’autres gens que lui, sa mère et le grand méchant qui garde les clefs de la « Chambre ».

c’est l’histoire d’une seconde naissance pour jack, une naissance « sociale », lorsqu’ils arrivent enfin à sortir de la Chambre. à ce moment, on ne peut plus lâcher le bouquin, je vous jure, j’y étais cramponnée !

il aura fallu attendre la page 378 pour que je verse une larme. dans le métro. c’est venu comme ça. sans prévenir. j’ai fermé mon livre et suis sortie du métro, le regard bas. en fait, j’avais lutté plusieurs fois et ça m’est tombé dessus, je ne m’y attendais pas.

j’ai ensuite attendu deux jours avant de reprendre ma lecture car je savais qu’il ne me restait que quelques minutes avant de finir le livre. et je n’avais pas hâte.

je pense que cette lecture pourrait être insupportable pour des mères de jeunes enfants, notamment d’enfants de 5 ans. le début de l’autonomie, des questions existentielles, du détachement des enfants de leurs parents, de la « vraie » communication, de la construction de la personnalité. j’ai passé mon temps à me demander ce que j’aurais fait à la place de la mère de jack. si, dans pareille situation, j’aurais été capable de puiser en moi suffisamment de force et d’espoir pour continuer à vivre et pour, coûte que coûte, faire de mon mieux pour bâtir une vie « normale » à cet enfant né de circonstances tellement particulières (doux euphémisme…).

comme le dit caroline sur son blog, on se prend une grosse claque ! ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé !

pour finir, j’ajouterais que ce livre m’a permis de relativiser les difficultés de ma vie.

par exemple, quand mes filles me rendent folle et que je me dis que ça pourrait être (bien) pire.

comme, par exemple, lorsqu’elles s’amusent à se cracher dessus, un matin, juste quelques minutes avant de partir à l’école. juste comme ça pour rigoler.

et que, par exemple, c’est le jour de la photo de classe.

genre, par exemple, comme ce matin.

allez, bisous ;o))